Se choisir, assumer sa différence.
Oui, je suis différente.
Se choisir, assumer sa différence
Fév 2026
Plusieurs semaines de silence, de questionnements, de remise à niveau. Un nouvel élan, de nouvelles perspectives !
Du bouleversement à la délivrance
C’était le 30 avril dernier, lors d’un échange avec un ami, il me demandait pourquoi j’étais si honnête, pourquoi je livrais tout ce que je pensais, pourquoi j’avais écrit ce courriel en déversant mes émotions. Il me disait que les gens n’étaient pas équipés comme moi, que je venais de gâcher une belle amitié à travers mes écrits. Cette dernière phrase me choqua profondément et je ressentis un bouleversement intense.
Le lendemain, le 1er mai 2025, j’entamai une recherche sur internet : « Pourquoi je suis différente, pourquoi je me livre trop ? ».
Je suis alors tombée sur une vidéo de Julie Dachez. Elle parlait du trouble du spectre de l’autisme, autrefois appelé « syndrome d’Asperger ». Le truc, c’est que dès ses premières phrases, j’étais scotchée. Elle répondait à toutes mes questions, alors j’ai acheté ses livres…
J’ai passé des heures par jour à m’informer, me documenter et ce pendant des mois. Bien évidemment, j’ai trouvé le bon cabinet pour effectuer un diagnostic du trouble du spectre de l’autisme car je cochais toutes les cases.
Depuis quelques semaines, j’ai enfin le résultat. Le jour du verdict, je pensais être soulagée… mais j’étais paniquée.
Heureusement, j’étais bien accompagnée ! Le monde extérieur, le regard des autres, les jugements, je voyais mes 41 ans d’existence défiler sous mes yeux… durant plusieurs semaines.
L’école, l’isolement, les efforts, l’adaptation intense et les crises d’angoisse, les plusieurs dizaines d’emplois que j’ai exercés, mon hypersensibilité, mes passions intenses, mes rituels, la déception de certains de mes proches face à ma différence, mon besoin de cadre… Et d’autres choses moins drôles que je garderai pour moi. Puis mes 13 années de psychothérapie, qui m’ont soulagée à 80 %, car j’y ai appris à m’écouter, m’affirmer et à exister en société.
J’avais fait un long travail sur moi pour apprendre à être une femme autonome, être moi-même, et j’avais fait presque tout le travail. Je savais qu’il me manquait une chose essentielle…
(N’oublions pas que le développement personnel est l’un de mes intérêts spécifiques 😀 !)
Alors non, je ne suis pas autiste depuis ce mois de janvier !
Et oui, je suis née avec un trouble du spectre de l’autisme.
La question qui me tourmentait était évidente : que faire avec cela ? Quel sens donner à ma vie ? Comment m’adapter dans ce monde ?
Avec cette découverte, je comprends tout et je prends une décision qui paraît simple mais qui est peu applicable quand on ne connaît pas son fonctionnement.
Aujourd’hui j’accepte que mon système ait besoin de calme.
J’accepte que je ne fonctionne pas comme la majorité.
Je n’ai plus à me suradapter pour mériter ma place.
C’est tout à mon honneur de me choisir et de me respecter dans mes valeurs et mes limites !
Je viens donc de reprendre mes études, celles qui font sens pour moi :
Une formation de formatrice d’adultes niveau 5, équivalent à un bac + 2, ainsi qu’une formation sur le T.S.A. dans l’espoir d’obtenir mon diplôme universitaire l’an prochain sur ce même sujet.
En attendant, je poursuis mon entreprise de communication. Je prépare des supports pour informer et sensibiliser des jeunes sur cette différence dans un lycée, puis dans d’autres établissements.
Et si je faisais de ce qu’on pense être une faiblesse une force ? Et si je l’assumais pleinement ? Et si mes souffrances pouvaient servir le monde ? Alors, je choisirai de voir les choses autrement !
Cela s’inscrit dans la continuité de mes projets… créations de contenus, écriture, transmission mais aussi conférences et ateliers.
Après tout, si l’on me proposait, à l’aide d’une baguette magique, d’effacer ma différence, je refuserais. J’aime trop ma folie, ma poésie et ma zénitude pour me recharger. J’ai tant appris et construit pour être en harmonie et je ressens aujourd’hui cette source de liberté circuler en moi. Quoi qu’il se soit passé, même ces dernières années, je ne regrette rien car j’ai été fidèle à moi-même…
Une dernière chose, et peut-être celle qui compte le plus pour moi.
La difficulté à poser et faire respecter les limites, apprendre à se taire pour survivre, garder le silence, masquer les signaux d’inconfort, ne pas comprendre les mauvaises intentions ni même l’implicite. Beaucoup de personnes autistes ont cette innocence et peuvent penser que les autres sont tout aussi gentils et bienveillants… Il arrive aussi qu’elles ne soient pas conscientes du danger qui peut leur arriver ou même après, elles ne reconnaissent pas toujours ce qu’elles ont vécu sans l’aide d’autrui.
Aujourd’hui, je décide donc de mettre en application toutes mes connaissances et mes recherches, dix-sept années de travail sur moi, pour informer les établissements, structures et autres lieux d’accueil sur cette différence neurodéveloppementale. Ce n’est ni une maladie, ni une faiblesse, ni un défaut moral.
Le cerveau fonctionne différemment dès le départ !
Désormais, je choisis de vivre avec mes valeurs, mes limites, mes besoins et surtout, mes passions.
Que puis-je faire avec ça ? Avec ma différence ?
Transmettre, sensibiliser, œuvrer et exister telle que je suis.
Et encore une fois, j’ai tellement de joie à faire cela.
« Soyez vous-même, les autres sont déjà tous pris ».
Oscar Wilde
© Christine Lussac – Tous droits réservés



Magnifique ! Merci beaucoup Christine ! Je t’offre un bouquet de douceur 🌺🌻🌺
Un grand merci Chrystel Gouyou ! <3